Dico-Mode: Petite histoire du gant (Part. II)

Le saviez-vous? Joséphine de Beauharnais ne pouvait porter deux jours de suite la même paire de gants. La coquette impériale en achetait un millier par an. Si les célébrités le souhaitent débridé, n’oublions pas qu’au XIXe siècle, le gant était une part indissociable de la bienséance. The Cherryship n’a pas résisté à vous raconter l’histoire de cet accessoire qu’il connaît…sur le bout des doigts.

L’ancêtre du gant, ce sont les mitaines, que les chasseurs ou agriculteurs utilisaient pour se protéger du froid. Puis, l’accessoire endosse un rôle multifonctionnel. Il symbolise la déférence, la soumission, ou la loyauté.

A l’antiquité, il s’agit de se déganter devant un supérieur. Il en va de même au Moyen-âge, lors des cérémonies d’hommage féodal ; la ville vassale se devait de donner à son suzerain un objet symbolisant sa soumission. L’objet pouvait être un bâton, un anneau, de la terre…ou un gant. A la même époque, jeter son gant signifiait défier un adversaire dans les codes chevaleresques. Gifler d’un gant un rival pouvait se solder d’une issue fatale, lors d’un duel.

En France, les juges royaux distribuaient sentences et justice les mains nues. C’est également débarrassé de ce précieux accessoire que l’on pouvait pénétrer dans les écuries du Roi-Soleil. Mais l’auxiliaire a toute sa place lors des couronnements ; en France, l’archevêque plaçait une paire de gants bénis dans les mains du nouveau souverain, lui assurant une onction d’une «mondicité » irréprochable (d’une « pureté non-équivoque»).

Les élégantes raffolent des gants

Le gant traverse les époques et s’adapte aux modes: long ou court, en chevreau ou à dentelles, à manchettes ou boutonné, fourré et en coton. L’on trouvait également nombre de modèles pour dames de qualité en soie brodée, en filet ou en soie tricotée.

A la Renaissance, Elisabeth d’Angleterre les apprécie surpiqués de pierres précieuses. Catherine de Médicis en faisait cadeau aux dames de la cour. On n’hésitait pas à les rouler dans une coque de noix attachée à la taille, symbole de la faveur royale. Et Henri III, le Valois du XVIe, appréciait l’accessoire pour la nuit, imprégné de parfums comme le musc.  

Le précieux fourreau a cependant subi les aléas de l’histoire. Il est proscrit lors de la révolution française, mais l’impératrice Joséphine lui redonne ses galons sous l’Empire. La coquette les aime longs, et attachés à sa manche ballon par un ruban. La belle ne supportait pas de porter deux fois la même paire et en faisait commander près d’un millier par an (de quoi mettre à l’aise les plus dépensières des fashionistas new yorkaises). Et Madame de Beauharnais ne pouvait s’endormir sans revêtir des gants gras et parfumés. Espérons qu’elle faisait exception en présence de son époux, Napoléon.

La Belle Epoque, dans les années 1900, est marquée par l’ouverture des Galeries Lafayette et l’aménagement de son comptoir de la ganterie. Dans les années 20, il n’était pas rare que ces dames se vêtissent de l’attribut à la mode médiévale, par laquelle une manchette prolongeait le gant jusqu’au coude. La manche souple, en daim ou en cuir, épousait la forme de la main puis tombait en plissé exquis sur le poignet.

Progressivement, les gants sont de moins en moins perçus comme symbole de richesse, mais plutôt comme l’atout de la séductrice. Dans les années 50, les gants se borneront à des apparitions lors de défilés haute couture.

Le Dico-mode fait parler les couturiers

Cette semaine, la créatrice française SYLVIE MOREAU nous montre comment apprêter les gants. 

Autodidacte et passionnée depuis toujours par l’art et la mode, Sylvie Moreau a fréquenté plusieurs années les ateliers de peinture. Elle quitte cependant les cours, stimulants mais trop académiques à son goût,  et fait fusionner ses deux passions, grâce à la peinture sur vêtement. Elle complète son panel en apprenant la couture puis l’art du make-up.  Ses créations jouent régulièrement avec le fameux bout de tissu. 

 

  •  Découvrez le portfolio de Sylvie Moreau en cliquant ici
  • Crédit photos: Dominique Tomasso 

 

 Expressions avec GANTS: 

Prendre des gants

Cela lui va comme un gant !

Etre souple comme un gant

Main de fer dans un gant de velours

Relever le gant

Vous en connaissez d’autres? Laissez-les en commentaire! 

 

Sources:

 Encyclopédie Universalis

Site Patrimoine de France

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