Darth Vader n’est pas trop famille

HOLONET, Episode 1

Bonjour à toutes et tous,

The Cherryship revient en force avec un vent 2.0 axé SF (ou science-fiction pour les non-afficionados). Et quel sujet aborder si ce n’est celui qui couronnera votre mois de décembre d’un sentiment de félicité que l’esprit de Noël ne saurait combler depuis que vous avez digéré la non-consistance du concept de Père-Noël? Eh oui, mais c’est bien sûr! L’épisode VIII de Star Wars nous sera servi sur son plateau galactique dès le…13 décembre. Pour célébrer cet événement qui liera à jamais Disney à la dinde de Noël, The Cherryship vous livre quelques détails sur l’Univers étendu de Star wars, qui est aussi riche qu’essentiel pour comprendre la complexité des personnages sortis de la brillante tête de Georges Lucas.

Nous commencerons par identifier cinq faits ignorés sur le méchant le plus adulé de tous les temps, Darth Vader. Et oui, purisme oblige, nous utiliserons les noms originaux. Parce que Dark Vador, ça fait penser à un nom de glace. Et que la glace, c’est calorique. Bref. Pour en revenir à ce cher Darth, plusieurs nouvelles ou séries (notamment The Clone Wars) nous emmènent dans les entrailles du Sith Lord, de son prologue à son éclosion, en passant par sa vie de tueur patenté (parce que, oui, il faut rendre à Darth Vader ce qui est à César). Pour ce post, nous glisserons entre les lignes de la nouvelle The Rise and Fall of Darth Vader de Ryder Windham, publiée en 2007.

Ce que nous allons révéler ici va peut-être heurter les âmes sensibles. Car Owen et Beru resteront à jamais “Uncle Owen” et “Aunt Beru” pour nous. Mais lumière doit être faite sur les raisons qui ont poussé l’Empire à exécuter ces deux honnêtes fermiers d’humidité, qui avaient élevé en secret leur neveu Luke dans la région de Mos Esley, située sur l’aride planète Tatooine. Prêts? We may begin

FAIT NO 1: Darth Vader a ordonné et assisté aux meurtres de Owen et Beru Lars

Qui ne se souvient pas d’une réunion de famille qui a tourné au vinaigre? Darth Vader, lui, n’est pas du genre à oublier. Et le Sith semble avoir la dent dure quand il s’agit de se remémorer sa jeunesse. Déjà en tant que Anakin Skywalker, le force wielder n’avait pas sauté de joie en rencontrant son demi-frère par alliance, Owen Lars, ainsi que sa fiancée Beru. Et il y avait de quoi, puisque le jeune jedi avait découvert les nouveaux membres de sa famille de façon inattendue et dans des circonstances dramatiques, alors qu’il recherchait sa mère, Shmi Skywalker.

Pour rappel, Anakin était encore un Padawan quand il avait été investi de sa toute première mission en solo, qui consistait à protéger la sénatrice Padmé Amidala, dont il était secrètement amoureux. Enfin…plus ou moins secrètement, au vu de la sérénade qu’il lui avait tenu sitôt arrivé sur la belle planète Naboo. Mais, visité par des cauchemars dans lesquels sa mère souffre et l’appelle, Anakin décide de retourner sur Tatooine pour s’enquérir de son sort. Et c’est donc avec Padmé qu’il s’envole pour les déserts de son enfance.

Source: starwars.com/ Shmi Skywalker, la mère de Anakin

Comme le décrit Ryder Windham, Anakin constate que sa mère a été libérée de son état d’esclave par celui qui est devenu son mari, Cliegg Lars. Ce dernier lui apprend également qu’une bande de Tusken Raiders, un peuple de nomades féroces, a enlevé Shmi Skywalker. Alors qu’un mois s’était écoulé, Cliegg dit avoir peu d’espoirs de jamais revoir sa femme vivante. “Ils sont partis à trente pour tenter de la secourir, mais quatre seulement sont revenus“, explique le fermier, en désignant sa jambe invalide pour justifier le fait qu’il n’avait pu participer à cette entreprise.

A ce moment là, Anakin est traversé de sentiments contradictoires. Il ressent une certaine “gratitude” envers le vieillard qui a libéré sa mère, mais également une “colère amère” en considérant dans quelle contrée désertique et dangereuse celle-ci avait été contrainte de vivre. Point également dans le coeur du jeune Padawan une forme de culpabilité. Au début du livre est mentionné le ressentiment qu’éprouve Anakin envers l’ordre jedi, ce dernier exigeant que ses membres n’entretiennent aucune forme d’attachement, même à travers leur famille. Plus jeune, Anakin trouvait “injuste” que l’ordre jedi l’empêche d’aller retrouver et libérer sa mère alors qu’il en avait désormais les pouvoirs. On lui opposait l’idée que libérer une esclave pourrait provoquer une véritable sédition dans leurs rangs et qu’il seraient alors durement réprimés – voir exécutés – par leurs maîtres. Pour les détenteurs de la force, le devoir pour le “bien commun” se devait d’être maître des inclinations personnelles.

Sur Tatooine, Anakin va s’écarter délibérément du code jedi, en décidant de partir sur les traces de Shmi Skyawalker. Et de jeter au clan Lars un regard “accusateur” avant de sauter sur un swoop, à la recherche du village des Tusken Raiders. Quand Anakin recueille de sa mère un dernier souffle entrecoupé d’un “je t’aime” inachevé, la chagrin se mêle à la colère et à un besoin de vengeance. Anakin se souvient qu’enfant, il avait sauvé un petit Tusken Raider, et regrette de ne pas l’avoir laissé mourir ce jour-là. Celui que tous appellent “l’Elu” (the Chosen One) fait alors un carnage au sein du village, ce qui constituera l’un de ses premiers pas sur le sentier obscur de la force.

Lorsque Anakin ramène le corps sans vie de Shmi auprès des Lars, son appréciation de la famille est sans appel. “A quoi cela peut-il servir d’être bon, si tu es faible“, se demande-t-il, reprochant intérieurement aux Lars d’avoir renoncé trop vite à secourir celle qui lui avait donné la vie. Je n’aurais pas dû la laisser là, ne cessera-t-il en outre de se lamenter.

Une chasse et un retour aux sources

Des années plus tard, à bord de son Star Destroyer nommé Devastator, Darth Vader prend en chasse le Tantive IV, vaisseau diplomatique à bord duquel la Princesse Leia tente de s’échapper pour placer les plans de la station spatiale Death Star (l’Etoile de la mort) en sécurité. La course-poursuite les mène au-dessus de Tatooine. Une destination qui n’est pas pour plaire à Vader, qui a enfoui son passé d’esclave au plus profond de son âme, là où seule une petite lueur de son ancienne identité subsiste – malgré tous ses efforts pour l’annihiler. Bien que déterminé à se détacher émotionnellement de l’homme qu’il avait été, Darth Vader ne peut réprimer une once de “colère”. “Tatooine”, se dit-il en jetant un coup d’oeil à la planète désertique depuis son vaisseau, les dents serrées.

Très vite, le Sith Lord “regagne sa composition” et se rappelle à l’ordre. “Dire que j’ai habité là”, pense-t-il avec dédain, “C’était ma maison avant que les jedi ne m’emmènent. Ma mère a rendu son dernier souffle sur cette planète. Et pendant des années, cette perte a provoqué en moi…une douleur atroce. Maintenant, je ne ressens plus rien. Ce monde ne représente pour moi qu’un grain de poussière, et ses habitants pourraient bien être réduits en poussière, également.

Le dark Lord songe d’ailleurs à cet instant à un sinistre spectacle dont il se délecterait volontiers; celui de la planète Tatooine oblitérée par l’Etoile de la Mort.

It was a possibility he wouldn’t rule out…(c’était une possibilité qu’il n’écartait pas…)

Source: Starwars.com / la planète Tatooine

Une exécution, un trait d’esprit

Alors oui, nous lecteurs/lectrices, nous nous imaginons avec peine le jeune Luke, dont l’existence n’est pas encore connue de Darth Vader, disparaître de la surface de l’histoire alors que la rage destructrice de la station sidérale s’abat sur la planète désertique…

Cependant, ladite rage va être conduite et trouver son exécutoire au sein du foyer des Lars. Rappelons que les stormtroopers mènent l’enquête sur Tatooine pour retrouver les plans de la menaçante station de guerre. Ces précieux dossiers sont en possession des droides attachés au Capitaine Antilles de l’alliance rebelle, C-3PO et R2-D2. Nouveaux propriétaires des deux robots, Owen et Beru se font interpeller par les soldats impériaux. Lesquels prennent contact avec Darth Vader, tout juste sorti d’une réunion mouvementée avec Tarkin et consorts au sein de l’Etoile de la Mort.

Source: Starwars.com / Les jawas sur Tatooine

A travers le holoprojecteur, le Sith découvre une scène à laquelle il ne s’attend pas. Des troopers des sables (sandtroopers) pointent leurs armes sur un couple d’une cinquantaine d’années, lesquels sont à genoux devant leur foyer. L’un des militaires informe Vader que les jawas ont vendu les droides recherchés à ces fermiers d’humidité.

Le nom de ces fermiers?”, questionne Lord Vader, intrigué. “Owen et Beru Lars, Sir“, répond le sandtrooper.

Fort de cette révélation, Darth Vader considère posément le couple, leurs traits usés et érodés par les années. Il se souvient d’eux, le jour où Anakin Sykwalker les avait rencontrés. “Les années n’ont pas été tendres avec eux“, constate le Sith au fond de lui. “Il est temps qu’ils paient pour leurs faiblesses répétées“.

S’adressant au sandtrooper:

-“Dites à Mr. et Mme Lars qu’ils semblent avoir de la peine à garder des droides de protocole sur leurs terres“.

N’étant pas certain de bien saisir le propos, le sandtrooper s’étonne: “Sir?

-“Ensuite, vous vous montrerez aussi courtois avec les Lars que vous l’avez été avec les jawas avant de poursuivre vos recherches”, poursuit Lord Vader. Et de spécifier: “Une dernière chose; ne coupez pas la transmission avant moi“.

Comme le décrit Ryder Windham, Vader va regarder les sandtroopers exécuter ses ordres sur leurs victimes impuissantes. “Il trouva la vue des flammes – même s’il s’agissait d’un hologramme de flammes brûlant à des millions d’années lumière – plus que satisfaisantes. Quand le foyer de la famille Lars ne fut plus qu’un brasier, Vader désactiva le holoprojecteur.

Source: Stawars.com Luke devant son foyer en feu.

 

Yikes! De l’humour sith. Ne voit-on pas ici poindre un brin d’esprit aussi insolite qu’il est difficilement pénétrable? Penchons-nous déjà sur la litote. Parler de courtoisie ou d’amabilité pour condamner des prisonniers à mort est une façon sournoise d’atténuer le propos pour mieux en extraire l’acidité. Et ne percevons-nous pas une petite pointe d’ironie, peut-être? Dans la forme déjà, et dans le contenu surtout. Il semblerait que pour les Lars, ce soit double peine. Dans l’optique de Vader, la famille n’avait pas su prendre soin de Shmi Skywalker voici des années. Et les voilà “incapables” de veiller sur des droides. Or, Shmi avait tenu ces propos à un Anakin alors âgé d’une dizaine d’années: “Just remember, the droid is your responsibility. And unless you’re prepared to care for something, you don’t deserve to have it“. (Souviens-toi, le droide est ta responsabilité. Et à moins que tu ne sois prêt à l’assumer, tu ne mérites pas de le posséder).

Bref, Vader semble assez fan des private jokes*.

Mais pas des family gatherings**.

Period.

 

En conclusion

Tel Thanatos et son aura mortifère, Darth Vader distribuera des sentences de mort tout au long de sa vie de Sith. Pour sa satisfaction personnelle parfois, pour la justice impériale toujours. Et cette justice est bien souvent en résonance avec sa propre histoire – justice pour réparer les torts subis durant l’enfance, justice pour réparer ceux causés par les jedi. Le parcours de Darth Vader est marqué par des frustrations ou situations irrésolues, qui trouvent leur résolution dans un déterminisme implacable. Celui, selon lui, de la volonté de la force et de son accomplissement par le sang versé. Vader est l’instrument du destin en marche, celui par lequel la force accomplit son devoir. Dans l’optique des Sith, la force tend vers  l’ordre, par la soumission des “faibles” par les “forts”. Notons que le dark Lord évoque les “faiblesses répétées” des Lars, celles-ci justifiant leur “sanction”. Il est également intéressant de souligner que dans l’univers étendu de Star Wars, les termes destiny et fate (fatalité) sont omniprésents dans le champ lexical de Darth Vader.

Impossible, pour illustrer ces propos, de ne pas évoquer la phrase puissante extraite de la Série Star Wars, 2015, alors que Vader recherche son fils sur la planète Vrogas Vas: “This is not a war, Princess. Wars are for lesser men than the Emperor and myself. This is a series of executions”. (ce n’est pas une guerre, Princesse. Les guerres sont pour le commun des mortels, pas pour des hommes comme l’Empereur ou moi-même. Il s’agit d’une série d’exécutions)

Vader Down, 2015.

Petit clin d’oeil également à la nouvelle Lords of the Sith, dans laquelle Sidious, pour cacher sa véritable identité à une jeune Tw’ilek, se présente sous le nom “Krataa”, avant de se tourner vers Lord Vader en le baptisant “Irluuk”. Soit “Mort” et “Destin” en langage Sith.

 

C’est tout pour ce post. Rendez-vous bientôt pour un deuxième fait méconnu relatif au plus dark des Sith Lords.

 

 

 

*private jokes: Humour personnel qui ne fait rire que soi-même. Même si l’on doute que Lord Vader se fasse rire lui-même.

**Family gathering: réunion de famille

 

One Response

  1. Cherry chipper

Leave a Reply