Ras-le-bol des ras-le-cou

S’il fallait retenir une leçon que les années 90 nous ont servi, c’est bien celle de l’incongruité d’un collier ras-le-cou. Seule Joan Smalls et quelques adeptes s’y collent, mais attention pour celles et ceux qui veulent s’initier à ce bijou très polémique!

Non, ça ne va pas qu’aux chiens. En effet, il semble que les mannequins s’y attachent aussi. Mais de quoi s’agit-il? Des colliers ras-le-cou pardi! Ceux-là même qui rehaussaient dans les séries des 90’s son petit charme coquin à Denise Richards. Désormais, ces étroites lanières qui enserrent la glotte sont de tous les événements. Mais, me direz-vous, comment cette mode a-t-elle pu survivre à l’âge des premières booms?

l

Le ras-le-cou a mille visages

La réponse semble simple: le collier ras-le-cou a parfaitement su évoluer. Ou plutôt, il a lâchement serpenté entre les poubelles de la scène fashion, pour revenir plus fort, sous un masque difficile à débusquer. Désormais, il est fait de chainettes, de diamants, de strass, de perles, et souvent de métal sur les catwalks. Il est partout vous dit-on!

Oui, bon, arrêtons là la paranoïa. Le collier ras-le-cou a également son petit charme, mis à part son effet rajeunissant/ infantilisant / un peu vulgaire/ un peu facile. Stop, on a dit de cesser de critiquer! Arrêtons de dénigrer une tendance qui s’est payée une tranche royale sur les runways du monde entier!

Prenons Rihanna au Met Ball 2015; sa robe-omelette à bustier était délicatement réchampie d’une rangée de chaines dorées, dont l’une enserrait son cou. On a également aperçu l’accessoire dans sa version de liane en satin, ornant le cou de cygne de la belle Behati Prinsloo (qui compensait ce mauvais choix par un bon point dû à son clutch Judith Leiber) (j’avais dit que j’arrêtais de critiquer).

A Séoul, en mai, lors de la présentation de la collection Croisière de Chanel, il était impossible d’ignorer les lourds colliers que les poupées-mannequins arboraient sur le runway; composés de perles colorées, ils se terminaient en broches sur la gorge. Voilà qui est difficile à avaler!

chanel chanel2 chanelcruise

Le comble, c’est que Rihanna porte ce petit démon accessoire de façon très littérale: un peu gothique, avec un petit pendentif qui perce le ruban, et allié à un rouge à lèvres violine. D’aucuns parleront d’un sans-fautes, où d’autres y décèleront un fashion faux-pas.

A la Fashionweek australienne cette année, la designer Betty Tran a créé un simulacre de cols roulés grâce aux colliers. Et la marque Ixiah en a presque fait un arnachement d’amazone, tout de métal travaillé.

Mentionnons également la semaine de la mode à São Paulo, où la marque Animale a proposé une variante sous forme de fils de fer torsadés portés plus loose, qui rendaient la tenue du cou, admettons-le, fort élégante.

Collier et mâchouiller

Bref, les designers puis les stars l’ont adopté; à nous de tenter de l’adapter à la ville. Mais attention aux pièges! Le collier ras-le-cou n’est pas fait pour tout le monde et pour toute circonstance! Par exemple, il est à proscrire lors d’un entretien d’embauche. A part si l’on postule dans un club sado-maso. Ou si l’on s’appelle Joan Small. C’est peu dire que le top performe dans l’art de porter une sangle au collet. Il semble même que l’accessoire soit devenu sa marotte, qu’il s’agisse de son style de rue ou sur tapis rouge.

Admirons par exemple la mise en abîme que la star propose sur son compte instagram; à la lanière de velours noir répond le tuyau de réglisse rouge que la belle mâchouille langoureusement sur un air de dub. Certes, on extrapole un peu sur l’analyse du tableau. Mais tout de même, si l’envie nous prenait de mâchouiller des Twizzlers ainsi sapées, on aura l’air de cougars en mal de notre période Britney. L’effet, furieusement raté, oscillerait entre le vulgaire fleurant les bas quartiers et le ridicule d’un accessoire tout juste bon à compléter la tenue de sorcière à Halloween. Cependant, ce triste constat ne semble pas s’appliquer au top portoricain, qui arborait une véritable parure digne des femmes girafes (oui, la comparaison est peut-être exagérée) pour twister sa robe violette signée Roberto Cavalli, le 4 mai dernier au Metropolitan Museum of Art de New York.

Capture d’écran 2015-05-13 à 02.06.34

 

Comment porter un collier au ras du cou?

Si les paragraphes ci-dessus ne suffisent pas à vous faire renoncer à l’achat d’un collier au ras du cou, c’est que vous aimez explorer les recoins mal famés de la planète mode (oui, cet article est à classer sous l’onglet « furieusement subjectif »). Mais rassurez-vous! nous, on apprécie les fashionistas téméraires. Voici donc, rien que pour vous les aventurières, voici quelques conseils glanés ça et là :

  • N’hésitez pas à faire le deuil de la classique lanière noire, et adoptez plusieurs rangées de chaînettes. N’hésitez pas à superposer les colliers de longueurs différentes.
  • Si vous ne pouvez vous passer de l’effet collier de chien, choisissez-le noir et en cuir pour assumer la petite touche gothique. Mais n’en rajoutez pas une couche avec un rouge à lèvres violine comme Rihanna! Hors du cas d’un personnage public, l’effet est assez mitigé…
  • On évite les lanières sur laquelle sont cousues des chaines, car l’effet pitbull est garanti
  • On peut assortir l’accessoire avec une tenue décontractée, en le faisant matcher avec ses chaussures ou son sac.
  • Vous pouvez l’adopter avec une tenue de gala, si votre nom commence par Joan et finit par Smalls. Sinon, l’accessoire n’est pas accepté au-delà du bal de promo.

Vous a-do-rez les colliers au ras du cou? Laissez-nous en commentaire votre vision de l’accessoire!

En attendant, visionnez la vidéo instagram de Joan et ses twizzlers.

Road Trappin’ #TGIF #Twizzlers #Flex @miss.smalls @modelloungenyc MORE: on my Snapchat 👻 Joan_Smalls

Une vidéo publiée par Joan Smalls (@joansmalls) le

 

 

Leave a Reply