The Kari tale: Episode 2 – Une Suissesse en Chine

On a la vingtaine et des rêves plein la tête, qu’on compte réaliser quitte à se rendre au bout du monde. C’est, à n’en pas douter, le commencement de toute success story qui se respecte. C’est en tout cas le début d’une série d’aventures signées Kari.

«C’est sans regrets que je repense à tout ce que j’ai vécu». Le top helvétique n’y va pas par quatre chemins pour relater le quotidien d’un mannequin, qui est le sien depuis plus d’une année. C’est en effet le 27 février 2014 que Kari a bouclé ses valises, destination la ville de Xiamen, au sud-est de la Chine. Une vraie première pour la Suissesse, qui n’avait jusqu’ici jamais fréquenté les appartements réservés aux mannequins. « Quand je parlais de la Chine, ma future destination, c’était comme si je partais dans la jungle aux yeux de mes proches», se souvient-elle amusée. Ne connaissant pas encore cette partie du monde, la jeune femme saute le pas sans attentes particulières. De nouvelles expériences à vivre, des objectifs à taille humaine, et surtout, l’occasion de voyager et de s’immerger au sein d’une culture nouvelle. «Je voulais grandir personnellement », finit-elle par lâcher, plongée dans ses souvenirs où les situations cocasses rivalisent d’originalité.

Une arrivée musclée

Déjà, le débarquement au pays de Xi Jinping ne se déroule pas de façon banale. Le check up, musclé, est réalisé au sein d’une cage vitrée, entourée d’un cortège d’hommes en uniformes. Pas de quoi cependant apeurer l’ancienne garagiste habituée à voyager hors des frontières de l’Europe. Elle confie rapidement avoir été un peu « secouée lorsqu’on nous a ramassés en bus avant de nous aligner». Mais c’était sans compter le contenu de sa valise. «J’avais de l’argile dans mes bagages. Les sept policiers autour de moi ont trouvé cela suspect. Ils m’ont ordonné de m’asseoir et de lever les pieds. Je ne devais pas toucher le sol. Et puis j’ai dû enlever mes chaussettes! » relate-t-elle, aujourd’hui amusée par l’incident. Cela dit, la belle ne garde pas un bon souvenir de sa garde à vue. « On me hurlait dessus, et j’ai enfin pu quitter l’aéroport vers 4heures du matin, après 5 heures d’attente».

S’ensuit une bonne nuit de sommeil après avoir rejoint ses appartements. L’accueil qui lui est fait au sein de son nouveau foyer est chaleureux. La Suissesse partagera son quotidien avec deux filles, l’une Ukrainienne, l’autre Brésilienne. Sur le même palier, l’appartement des hommes fait face à sa loge. Parmi ses nouveaux collègues, Kari retient un visage en particulier. Celui, charmant et ouvert d’Alex, un mannequin d’origine ukrainienne.

Son premier contact avec l’agence, Kari le qualifie sans préambule de paradisiaque. Après avoir pris ses quartiers, la modèle est invitée à passer chez le coiffeur. Avant d’être emmenée pour une visite de la ville. « On m’a embarquée sur un ferry en partance pour l’île de Gulangyu (NDLR : ce fut l’un des ports coloniaux de la Chine), une véritable faveur rare là-bas ! », raconte le top avec enthousiasme.

Premiers castings

La belle doit cependant revenir à ce qui sera désormais son quotidien : un enchaînement de castings, durant lesquels il s’agit de décrocher des contrats. Et comme elle le sait, à chaque marché correspond une série de règles implicites. Très vite, la Suissesse est au diapason. «On m’a souvent dit que sur ce marché, il fallait savoir jouer la comédie durant les castings, afin de refléter l’image d’une jeune fille douce et fraîche», explique-t-elle. Un rôle qui n’est pas du tout taillé pour la Suissesse au caractère bien trempé, dont la taille culmine à 181 cm –une géante, même parmi les filles du milieu. Le mannequin se rend compte rapidement qu’elle ne correspond pas vraiment aux canons de beauté en vogue dans le milieu.

Kari n’est ni blonde, ni menue, et encore moins docile. « Devoir jouer les petites filles m’a frustrée, au début de mon séjour », explique la Suissesse. Cette dernière comprend rapidement qu’on la jugera bien moins sur son book que sur sa personnalité, qu’elle doit apprendre à mouler aux attentes des clients. Qu’à cela ne tienne ; elle décide de proposer un profil exotique, novateur certes, mais empreint d’une individualité affirmée et pétrie d’humour.

Un cocktail qui lui coûtera certains jobs, mais qui séduira certains casteurs pour des campagnes publicitaires. « Pour les meilleurs jobs, le professionnalisme et la personnalité comptent beaucoup, analyse la Suissesse. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre comment me profiler au mieux, en fonction de ma différence. » La belle doit alors prendre son mal en patience, et essuie de nombreux refus, quelques jours seulement après son arrivée. Une tendance qu’elle réussira à inverser de façon spectaculaire, dont la recette est à découvrir dans les prochains épisodes.

A la maison mais pas comme chez moi

La belle Kari doit trouver ses marques dans un pays aussi vaste qu’il lui est étranger. Pas facile pourtant de s’intégrer quand on fait trois têtes de plus que la majorité des habitants, et que l’on dépareille et par le look, et par la langue. Pourtant, l’élément le plus difficile à affronter n’est pas le dépaysement, comme l’affirme la jeune femme. La cohabitation reste la partie incontournable pour les mannequins internationaux, et peut mener à la camaraderie la plus reposante comme à l’instabilité la plus redoutable.

En ce qui concerne Kari, les jours passent sans incidents. Une équipe soudée se crée, mais quelques failles ne tardent pas à faire surface. « J’ai compris que l’une des modèles s’ingéniait à me donner des conseils trompeurs. Pour exemple, sur un casting, elle m’a incité à mettre des habits glamours alors que toutes, sur place, arboraient un look sport. Lorsque je lui ai demandé des explications, elle a simplement évoqué son mauvais anglais pour justifier ce malentendu ».

Mais Kari n’est pas fragile. Son côté sociable l’amène à s’investir dans le foyer commun. Elle confie ses affaires sans rechigner, et prête main forte à ses collègues ayant de la difficulté à parler l’anglais. Pourtant, la top retrouvera une paire de chaussures sabotées, vraisemblablement lacérées à l’aide d’un ciseau. « Le sabotage des affaires est un vice qui est très répandu dans les appartements de mannequins », relativise la Suissesse, qui savait de qui venait le geste. « Je me suis cependant forcée à garder une attitude positive; si on m’attaque, c’est qu’on accorde beaucoup de crédit à mon profil. On me voit comme une concurrente dangereuse dans les castings…c’est presque flatteur », lance Kari dans un grand éclat de rire.

Entre rivalité, castings et amour, le top helvétique n’en a pas fini avec les surprises. Lesquelles sont à découvrir dans le prochain épisode!

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  1. Lin Dayen-Hsu

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