Dans la valise du mannequin Kari

Mais en fait, c’est comment la vie de mannequin? Peut-on parler d’un métier qui offre une qualité de vie (voyages, podiums, fêtes, bon salaire)? Comment font les modèles pour gérer la face obscure du job, et sa traîne de préjugés qui lui sont imputés? A commencer par la pression des castings, ou les fameuses exigences en matière de mensurations? Commençant par le menu, The Cherryship a décidé de talonner un mannequin helvétique qui s’est exporté sur le continent asiatique. En Chine, précisément. Petit tour dans les coulisses d’un métier qui se globalise. 

Etre mannequin helvétique, ce n’est pas un oxymore. Les models « made in Switzerland » voyagent – la petitesse du marché de la mode en Suisse oblige – et s’imposent parfois à l’étranger. Pensons notamment au mannequin argovien Anja Leuenberger qui a rejoint les rangs de la célèbre marque de lingerie Victoria’s Secret. Voyager et s’inscrire dans la trajectoire des agences basées dans les lieux en vogue pour la mode, c’est un incontournable pour une carrière de modèle. A l’étranger, ils ou elles obtiennent pour la plupart des contrats et des cachets qui leur permettent de rembourser petit à petit les frais du voyage. Nombre de modèles partagent un appartement avec leurs collègues. Un véritable défi si l’on pense au jeune âge de aventurières, cumulé aux impératifs du métier.

The Cherryship n’a pas pu résister à l’envie de se glisser dans les valises d’un mannequin ayant commencé dans la région lémanique, avant d’atterrir dans une grande agence basée en Amérique latine. Sa destination de départ ? La Chine, et plus précisément Xiamen, une ville majeure de la province de Fujian. Du haut de ses 1m81, Kari va devoir trouver sa place parmi les quelques 2 millions d’habitants que compte la ville à elle seule. Mais la mixité, elle connaît. D’origine suisse, suédoise et marocaine, elle grandit en Grèce, avant de passer une année à Marrakech. Elle débarque en Suisse à l’âge de sept ans. «j’ai une soif de découvrir le monde et les différentes cultures de par mon histoire », explique la jeune femme.

Un tempérament volontaire

A 23 ans, Kari peut se targuer d’avoir un parcours atypique. Elle entreprend dès la fin de sa scolarité un apprentissage de…carrossière-tôlerière. Et a pour objectif d’intégrer une école de designer automobile. Il s’agit de la première femme de Suisse romande à s’être tournée vers le métier- rien que cela ! Et la mode? Ce n’était pas couru d’avance. « Petite, j’étais un vrai garçon manqué, du genre tomboy. J’étais très complice avec mon jeune frère ! », commente-t-elle. Cependant, des problèmes d’ordre physique l’empêchent d’achever sa formation. Elle part au Kenya, alors âgée de 15 ans. « J’ai intégré une association en lien avec l’ambassade française, qui s’occupe des orphelins de Nairobi », explique le mannequin. Au menu de ses journées, cours d’anglais et job dans les cuisines d’un restaurant franco-japonais et italien. Après un an, la belle revient en Suisse, où elle achève une formation de gestionnaire de vente. En parallèle, elle se lance dans le mannequinat. Agée de 20 ans, sa carrière décolle ; elle intègre diverses agences en Suisse (notamment à Lausanne et Zurich) et à Paris.

Entre shootings et défilés, la belle doit gérer un emploi du temps parfois chargé. Pour la première fois, elle part sur les terres asiatiques avec comme objectif celui de développer sa carrière. Une crainte ? Celle de l’incompréhension entre les deux cultures. Et l’appréhension de la cohabitation avec d’autres mannequins, rassemblés dans le même appartement. «Il peut y avoir des jalousies parfois. Certaines m’ont même joué des tours dans le passé. En ce qui me concerne, je préfère qu’on se serre les coudes», explique la jeune femme. Son tempérament, qu’elle dit passionné, est un véritable atout. « Je suis très sociable. J’adore tout ce qui est lié à la créativité…et surtout, j’adore cuisiner ! »

Casé entre deux paires de chaussures à talons, The Cherryship a obtenu son boarding pass dans la valise de Kari.  Attachez vos ceintures, c’est parti pour quelques semaines en terres asiatiques, et ça peut secouer!

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